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Ophélie
Oil · 51.2 x 38.2 in
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Allongée sur le côté, Ophélie ne flotte plus dans l’eau, mais repose sur un fond noir, comme suspendue hors du temps. Elle porte un simple débardeur blanc et un short noir. Ses cheveux sont mouillés. Le tissu aussi. Un lys blanc, intact, semble à portée de sa main. La référence à Shakespeare est présente, mais l’héroïne n’est plus une figure romantique noyée par la folie ou l’amour. Ici, elle est ramenée à l’essentiel : un corps jeune, une main tendue, un objet-symbole. La mort rôde, mais silencieusement, comme une sœur, comme un écho. Le lys devient un signe ambigu : pureté, offrande, sépulture, mais aussi désir ou rêve coupé. Le tableau ne raconte rien, il suspend. Il laisse place à l’interprétation, au silence. C’est une image de seuil. La série Mélancolie explore ces instants où le corps parle à la place du récit. Ici, Ophélie ne crie pas, ne pleure pas. Elle attend. Elle veille. Ou bien elle est déjà partie. Dans cette relecture contemporaine du mythe d’Ophélie, Nicolas Maureau choisit de s’écarter des représentations attendues de la noyade tragique ou de la pureté éthérée. La figure féminine est ici représentée allongée sur le côté, dans une posture à la fois abandonnée et tendue. Un bras soutient sa tête, dans un geste presque enfantin, tandis que l’autre bras s’étire vers un grand lys blanc, symbole classique de pureté, mais aussi de deuil. Un geste suspendu entre la vie et la mort vers le désir d’atteindre a l’inaccessible. Le corps de la jeune femme, vêtu d’un short noir et d’un débardeur blanc mouillé. L’effet de l’eau sur le tissu et les cheveux suggère une immersion récente, un entre-deux, comme si le corps oscillait entre la rive et la noyade, la conscience et l’abandon. Ce choix plastique convoque la sensualité trouble de la figure d’Ophélie, mais aussi son ambivalence : à la fois victime et apparition, désir et disparition. Loin de la robe longue et diaphane des tableaux préraphaélites, l’artiste opte pour des vêtements contemporains, resserrant le mythe autour d’une jeunesse actuelle, exposée à la violence symbolique du regard et de la perte. Ce traitement renforce le caractère atemporel de la figure d’Ophélie, devenue archétype du féminin vulnérable mais mystérieusement actif dans sa chute.` L’écho avec le poème Ophélia de Rimbaud est réel. Comme chez le poète, la figure d’Ophélie traverse le temps, ne meurt jamais tout à fait, toujours recréée par le regard d’un artiste qui cherche à saisir ce moment trouble où le corps et l’âme se détachent doucement du monde. Ophélia I Sur l’onde calme et noire où dorment les étoiles La blanche Ophélia flotte comme un grand lys, Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles… – On entend dans les bois lointains des hallalis. Voici plus de mille ans que la triste Ophélie Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir; Voici plus de mille ans que sa douce folie Murmure sa romance à la brise du soir. Le vent baise ses seins et déploie en corolle Ses grands voiles bercés mollement par les eaux; Les saules frissonnants pleurent sur son épaule, Sur son grand front rêveur s’inclinent les roseaux. Les nénuphars froissés soupirent autour d’elle; Elle éveille parfois, dans un aune qui dort, Quelque nid, d’où s’échappe un petit frisson d’aile : – Un chant mystérieux tombe des astres d’or. II Ô pâle Ophélia ! belle comme la neige ! Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté! – C’est que les vents tombant des grands monts de Norwège T’avaient parlé tout bas de l’âpre liberté; C’est qu’un souffle, tordant ta grande chevelure, A ton esprit rêveur portait d’étranges bruits; Que ton cœur écoutait le chant de la Nature Dans les plaintes de l’arbre et les soupirs des nuits; C’est que la voix des mers folles, immense râle, Brisait ton sein d’enfant, trop humain et trop doux ; C’est qu’un matin d’avril, un beau cavalier pâle, Un pauvre fou, s’assit muet à tes genoux ! Ciel ! Amour ! Liberté ! Quel rêve, ô pauvre folle ! Tu te fondais à lui comme une neige au feu : Tes grandes visions étranglaient ta parole – Et l’infini terrible effara ton œil bleu ! III – Et le poète dit qu’aux rayons des étoiles Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis, Et qu’il a vu sur l’eau, couchée en ses longs voiles, La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys. Arthur Rimbaud, Recueil de Douai This work is a unique original work of art - Painting by Nicolas Maureau (France), Oil on Canvas. The work has a rectangular shape, Its dimensions are 97x130 cm. The artist's signature is present on the artwork. This artwork is part of the gallery Mélancolie. Framing options are available for this artwork, please contact us for details. Materials: Canvas · Original Listing: $4,202.93
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